La FRAPNA de l’Ain : une association citoyenne œuvrant pour la protection de l’environnement

La FRAPNA de l’Ain est une association reconnue d’intérêt général qui regroupe des associations adhérentes ou fédérées ainsi que des membres individuels. Présente sur l’ensemble du département, son équipe de salariés et de bénévoles mène diverses actions avec pour objet la préservation du patrimoine naturel et de l’environnement.

Baptiste DAUJAT (son président), Eric PALLANDRE (son directeur) et Bénédicte GRÉA (chargée de mission « Éducation à l’Environnement ») ont accepté de prendre du temps pour nous parler de cette association citoyenne.

FRAPNAFNE

La FRAPNA de l'Ain est affiliée à France Nature Environnement

 

Quelles sont les principaux champs d’actions de la FRAPNA de l’Ain ?

 

Eric PALLANDRE : « Sans vouloir hiérarchiser nos interventions, qui répondent toutes à des enjeux complémentaires, j’évoquerai tout d’abord notre mission d’éducation à la nature et à l’environnement à destination des écoles, donc un public d’enfants, mais aussi en direction d’adultes, à travers ce que nous appelons l’Université Populaire du Hérisson. Nous avons le souci de toujours faire en concertation avec le personnel éducatif dans les écoles, pour sensibiliser les plus jeunes à la protection de la nature et de l’environnement mais aussi clairement nous inscrire dans les programmes scolaires. L’Université Populaire du Hérisson propose des ateliers, conférences, débats pour transmettre des connaissances mais aussi ouvrir la discussion, animer la concertation, sur des thèmes que nous initions ou des opportunités dans les territoires.

Ensuite, la FRAPNA cherche à étudier la biodiversité afin de mieux la préserver. Par exemple, les Atlas de la Biodiversité Communale sont des inventaires participatifs de la biodiversité destinés à donner des outils aux élus locaux, notamment pour élaborer une politique d’urbanisme respectueuse de l’environnement. La FRAPNA intervient également auprès de différents partenaires pour des inventaires ou expertises naturalistes. Organom a ainsi fait appel à la FRAPNA pour recenser les espèces présentes sur le site de La Tienne dans le cadre des mesures compensatoires pour la construction d’un futur casier. On peut également citer l’Observatoire des mares, l’Ecophilopôle à Pérouges ...

Enfin, la FRAPNA assure une veille citoyenne. Les personnes qui le souhaitent peuvent signaler toute pollution, destruction de zone humide, décharge sauvage, etc. à la FRAPNA via le site et l’application Sentinelles de la nature. Par ailleurs, l’association s’est investie dans la lutte contre la pollution lumineuse, en créant par exemple un Observatoire des vers luisants en accompagnant les communes sur les enjeux de la réduction de l’éclairage nocturne, en créant du débat public, ou encore en organisant une marche nocturne à Bourg-en-Bresse pour recenser les irrégularités constatées sur des vitrines commerciales et alerter les intéressés. »

 

Retrouvez l’ensemble des actions de la FRAPNA de l’Ain sur leur site internet : http://www.frapna-ain.org/fr/

 

La FRAPNA de l’Ain mène-t-elle des actions spécifiques en matière de réduction des déchets ?

 

Bénédicte GRÉA : « Oui, on peut commencer par évoquer les animations dans les écoles primaires. La FRAPNA de l’Ain propose une sensibilisation sur les déchets en trois parties : les déchets naturels, les déchets artificiels et surtout l’éco-consommation qui aborde les solutions pour réduire sa production de déchets (fabrication maison, recours aux produits réutilisables ...).

La FRAPNA a également accompagné des crèches volontaires pour tester l’utilisation de couches lavables, dans plusieurs communes du territoire d’Organom (Montrevel-en-Bresse, Ambérieu-en-Bugey ou encore Bourg-en-Bresse) en 2015 et 2016. Le bilan de ces expérimentations est en demi-teinte et aucune de ces crèches n’a vraiment franchi le pas à ce jour (la crèche de Montluel est la seule du département à avoir adopté les couches lavables depuis plusieurs années).

Avec l’appui d’Organom, la FRAPNA de l’Ain vise désormais à élargir la cible et à toucher directement les parents avec des opérations de sensibilisation du grand public. Les professionnels y seront bien entendu les bienvenus aussi. Les prochaines auront lieu le 20 octobre 2018 à Bourg-en-Bresse (au siège de la FRAPNA de l’Ain – 44 avenue de Jasseron) et le 17 novembre 2018 à Ambérieu-en-Bugey (à la MJC –place Jules Ferry). »

 

Couches lavables FRAPNA

La couche lavable : une solution économique et écologique (Photo : FRAPNA)

 

Quelles sont vos attentes avec le lancement du « contrat d’objectifs déchets économie circulaire » (CODEC) ?

 

Eric PALLANDRE : « Le CODEC représente un partenariat intéressant entre le territoire, les entreprises et les acteurs associatifs comme la FRAPNA mais aussi Tremplin ou l’Alec 01. Les groupes de travail sont dans un moment de co-construction où nous espérons pouvoir confronter notre point de vue, notamment avec celui des industriels, mais dans un esprit de concertation. La FRAPNA a certes une réputation d’opposant, ‘’d’empêcheur de tourner en rond’’, car il lui arrive d’agir en justice lorsque la médiation s’est avérée insuffisante, mais dans la plupart des cas, elle cherche à être une force de proposition. C’est le rôle que nous souhaitons pouvoir jouer ici. »

 

Baptiste DAUJAT : « Le travail multipartenarial sur les déchets est intéressant et important. En effet, il faut aborder cette question de façon plus globale, pas uniquement sous l’angle du tri et des modes de traitement. Il faut ainsi revoir notre mode de vie car le déchet est devenu le symbole de notre société de consommation, en se posant la question : quelle planète voulons-nous laisser à nos enfants ?

La FRAPNA est une association axée sur la protection de la biodiversité, et de l’environnement au sens large. Je constate que nos bénévoles sont de plus en plus nombreux à s’approprier la thématique des déchets, qui a un impact direct sur l’écosystème. Par exemple, la formation d’un ‘’continent plastique’’ dans l’océan Pacifique nous invite à réfléchir à de possibles actions locales, notamment pour sensibiliser les habitants à la prolifération de micro-plastiques dans les cours d’eau de notre département. »

 

Propos recueillis par Sébastien MARQUES (juin 2018)