Extension des consignes de tri : plus facile pour les habitants mais avec des changements en perspective en aval de la filière

Démarrée en 2012 à titre d’expérimentation dans certaines communautés de communes couvertes par Organom, l’extension des consignes de tri à tous les emballages plastique sera une réalité pour les Français, quel que soit leur lieu d’habitation, à partir de 2022. Une bonne nouvelle qui va faciliter le tri mais qui va aussi nécessiter des changements et des investissements importants.

 

Projet plastiques1 400x436 Eco emballages

©Eco-emballages

 

Dans quelle poubelle cet emballage ? La question nous a tous brûlé les lèvres plus d’une fois. Dans le doute, le pot de yaourt est passé dans la poubelle d’ordures ménagères. Une fois arrivé à l’usine de traitement des déchets, il a fini à l’enfouissement... C’est pour éviter cela et pour réduire de manière drastique le volume de déchets enfouis que les consignes de tri ont été étendues. D’abord à titre d’expérimentation dans certaines communautés de communes, et, à partir de 2022, partout en France.

 

« Cela a simplifié le geste de tri »

 

« En 2012, Eco-Emballages, aujourd’hui Citeo, cherchait des volontaires pour tester sur le terrain l’extension des consignes de tri à tous les types d'emballages en plastique ménagers » se souvient Jean-Luc Emin, à l’époque conseiller communautaire et membre de la commission Déchets de la communauté de communes Bresse Dombes Sud-Revermont. Désireuse à la fois de réduire la part des déchets par an et par habitant et d’augmenter celle des déchets valorisables afin d’éviter l’enfouissement, la communauté de communes a répondu présente à l’appel de l’éco-organisme. Dès lors, les habitants de la communauté de communes ont été invités à jeter tous leurs emballages dans la poubelle jaune : plastiques durs, sacs plastique, barquettes, films plastique, pots de yaourts, filets à légumes et à fruits... Mais aussi cannettes en aluminium, boîte de conserve, polystyrène ... Mêmes motivations pour la communauté de communes de Montrevel-en-Bresse qui s’est aussi portée volontaire en 2012. « Cela a grandement simplifié le geste de tri pour les habitants » indique Gérard Perrin, conseiller communautaire de Montrevel-en-Bresse en 2012.

 

Opérer quelques changements

 

« La réaction des habitants a été très positive » constatent Jean-Luc Emin et Gérard Perrin, aujourd’hui conseillers communautaires de la communauté d’agglomération du bassin de Bourg-en-Bresse. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Dans la communauté de communes Bresse Dombes Sud-Revermont, la collecte des ordures ménagères résiduelles est passée de 149 kilos par habitant en 2012 à 84 kilos en 2016, soit quatre ans après l’extension des consignes de tri. Parallèlement, la collecte d’emballages est passée de 21 kg par habitant en 2012 à 37 kg. S’il reconnaît l’impact positif de cette mesure, Jean-Luc Emin tempère le résultat en rappelant que, sans doute, le passage à la redevance incitative à la levée et à la pesée, a dû en inciter plus d’un à être vigilant quant au tri. Certains habitants ont pu être quelque peu déroutés par cette nouvelle consigne après avoir entendu pendant des années, par exemple, qu’il fallait absolument trier et ne pas mélanger les emballages gras avec les autres. « Cette expérimentation a entraîné un changement dans le quotidien des habitants. Elle a donc nécessité une communication pour leur faire adopter un nouveau geste de tri » se souvient Gérard Perrin. De diffusion d’informations en boîte aux lettres en réunions publiques, les nouvelles consignes ont été intégrées. « L’opération-pilote extension des consignes de tri est terminée depuis 2015. Depuis, nous sommes dans la continuité » précise Gérard Perrin. Reste maintenant à opérer quelques changements en aval de la filière mais aussi en amont chez les producteurs.

 

Flyer information 2012 CCMB

Un travail important de communication a été réalisé auprès des habitants (ci-dessus : un flyer d'information de la CCMB)

 

Étude prospective

 

L’extension des consignes de tri à l’ensemble des emballages plastique implique non seulement de travailler avec les producteurs pour que leurs emballages soient le plus éco-conçus possible mais aussi et surtout de moderniser les centres de tri. « Nous l’avons vu dans les deux communautés de communes dans lesquelles l’expérimentation a été lancée, les volumes d’emballages triés ont considérablement augmenté. Concrètement, cela veut dire qu’il faudra sans doute des tournées plus fréquentes ou en plus grand nombre ou des sacs jaunes plus grands et/ou plus de colonnes de tri mais aussi des centres de tri capables de traiter des tonnages beaucoup plus importants » explique Gérard Branchy, vice-président délégué à la prévention des déchets et de la qualité chez Organom. C’est pour cette raison qu’Organom, soutenu par ses collectivités membres, a accepté de se lancer dans une étude prospective territoriale. Les objectifs de cette dernière sont de dresser un état des lieux des différents centres de tri du bassin de vie des collectivités, de concevoir des scenarios pour optimiser le tri des matériaux recyclables, de mutualiser des équipements existants ou à venir, de mettre en cohérence des gisements en termes de qualité et de quantité.

 

2,5 millions d’habitants

 

Cette vaste étude sera en partie financée par l’ADEME à condition qu’elle soit portée par un ensemble de collectivités réunissant plus de 500 000 habitants. Organom fait ainsi partie des neuf collectivités ayant manifesté leur intérêt pour participer à cette étude territoriale dont le périmètre concerne environ 2,5 millions d’habitants. À ce titre, le syndicat a signé une convention dont le maître d’ouvrage désigné est le Syndicat Intercommunal de Traitement des Ordures Ménagères (SITOM) Sud-Rhône (situé à Brignais). D’un montant estimé à 60 000 euros, l’étude sera subventionnée à hauteur de 70%. Le reste à charge, soit environ 18 000 euros, sera à répartir entre les neuf collectivités signataires. Pour Organom, cela représente un coût inférieur à 2500 euros. Le bureau d’études, mis en concurrence et non encore désigné, rendra ses conclusions à l’été 2018. « Nous nous acheminons vers des centres de tri moins nombreux mais plus importants. Il y a des synergies à trouver avec la Métropole de Lyon et le coût de traitement à la tonne devrait pouvoir baisser » termine Gérard Branchy.

 

Les collectivités participantes à l’étude territoriale

Elles sont neuf à participer à l’étude soutenue par l’ADEME et Citeo, le nouvel éco-organisme issu de la fusion entre Éco-Emballages et Ecofolio (voir le zoom sur Citeo) :

- Sytraival,

- Syndicat mixte du Nord Dauphiné,

- SITOM Sud Rhône,

- Communauté d’agglomération du pays viennois,

- Communauté de communes des vallons du Lyonnais,

- Métropole de Lyon,

- SICTOM de Morestel,

- Communauté de communes de la région de Condrieu et

- Organom.

A elles neuf, elles réunissent plus de 2,5 millions d’habitants selon les chiffres INSEE au 1er janvier 2017.

 

Patricia Denoyer, agence Scriptum

En continuant votre navigation vous acceptez l'utilisation de cookies sur le site internet Organom