Effluents hydriques d’OVADE et lixiviats : vers une régularisation

Après la parution de l’article « L’usine Ovade épinglée par la préfecture » dans Le Progrès le 5 janvier 2018, il me semble important de réagir pour rectifier certaines imprécisions et évoquer les mesures mises en place par Organom et Tiru afin de respecter le cadre réglementaire.

 

Tout d’abord, une confusion est faite à plusieurs reprises entre les eaux de process de l’usine OVADE et les lixiviats du site d’enfouissement des déchets de La Tienne. Les premières sont issues du process de l’usine de méthanisation OVADE : nettoyage de la matière organique digérée (qui servira à la production de compost) et traitement de l’air ; les seconds sont des effluents liquides qui proviennent de l’infiltration des eaux pluviales et de la fermentation dans les casiers de stockage des déchets. Ainsi, la gestion de ces différents flux est séparée.

 

Un évapo-concentrateur pour les eaux de process de l’usine OVADE

 

En mars 2016, alors que l’ensemble des tonnages d’ordures ménagères géré par Organom était traité par l’usine OVADE (environ 58 000 tonnes d’OMr), le constat a été fait par l’exploitant (Tiru) que les quantités d’effluents hydriques étaient plus importantes que prévues ; ceux-ci ne pouvaient pas tous être recirculés dans le process comme initialement prévu. Plusieurs facteurs se conjuguent pour expliquer ce constat : l’humidité présente dans les déchets s’est avérée plus importante que ce qu’indiquaient les caractérisations ; le dimensionnement initial du traitement de l’air a été conservé afin de limiter au maximum les nuisances olfactives.

 

Dans un premier temps, Tiru a pris en charge l’évacuation de ces effluents par camions vers plusieurs stations d’épuration (Bourg-en-Bresse, Montmorot, Ambérieu, Dijon), la seule station de Bourg-en-Bresse ne pouvant pas traiter l’ensemble de ces effluents (12 000 m3 par an) contenant une quantité importante de matière organique. Néanmoins, suite à une visite d’inspection de la DREAL en mai 2017, il a été imposé à l’exploitant d’envoyer ces effluents vers des installations de traitement des déchets industriels (situées à Strasbourg et Saint-Vulbas) et non plus dans les stations d’épuration des eaux usées urbaines.

 

En parallèle, une démarche a été conduite par Tiru afin de trouver une alternative pérenne et acceptable. Après des résultats positifs obtenus suite à des tests effectués sur une installation pilote, il a été choisi de mettre en place un évapo-concentrateur, qui permet de séparer la matière organique de l’eau contenue dans les effluents. Ainsi, il reste seulement à évacuer un distillat, dont la composition est tout à fait admissible par la station d’épuration de Bourg-en-Bresse, alors que le concentrat pourra être réintroduit lors du compostage du digestat. L’évapo-concentrateur est en place depuis début novembre et fonctionne de manière constante et optimale depuis le mois de février 2018.

 

 

Une station de pré-traitement pour les lixiviats de l’installation de stockage

 

Organom a depuis quelques années l’obligation de traiter les lixiviats produits par le centre de stockage de déchets ménagers exploité depuis 1984, situé sur le site de La Tienne, et constitué de 5 casiers fermés, d’un casier en cours d’exploitation et d’un casier en cours de fermeture. L’ensemble de ces casiers produit des lixiviats dont le volume (très lié à la pluviométrie) est de l’ordre de 100 000 m3 par an. Ces effluents sont envoyés depuis l’origine du site à la station d’épuration des eaux usées de Bourg-en-Bresse via le réseau des eaux usées et après passage dans une lagune.

 

Organom n’a pas mis en place immédiatement de dispositif de pré-traitement des lixiviats pour plusieurs raisons. La première est d’ordre financier car les premiers chiffrages d’un tel dispositif donnaient un investissement de 5 millions d’euros et un coût d’exploitation annuel aussi élevé que celui de l’usine ! Pour limiter ce montant, un programme d’étanchéification des casiers a été établi dans le but de réduire le volume des lixiviats. En outre, des études des flux qui s’ajoutent aux lixiviats mais qui pourraient ne pas nécessiter de traitement spécifique ont été menées.

 

Une Commission de suivi de site s’est tenue à la Préfecture en décembre 2017 : il en ressort qu’Organom doit s’assurer que les lixiviats du centre de stockage sont bien débarrassés de certains éléments polluants que la station d’épuration de Bourg-en-Bresse ne peut traiter (comme le chrome) pour pouvoir continuer de les y envoyer. Ainsi, le syndicat va tester plusieurs dispositifs de pré-traitement des lixiviats (charbon actif, ozonation) avant une mise en œuvre définitive au cours de l’année 2018.

 

Guidée par une stratégie à long terme, la mission du syndicat Organom est d’apporter des solutions au quotidien pour garantir le traitement et la valorisation des déchets dans les meilleures conditions techniques, économiques et écologiques. Les services et le bureau sont mobilisés pour l’atteinte de ces résultats.

 

 

Yves Cristin

 

Yves Cristin,

Président d'Organom

 

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