Lycée Charpak : un atelier pour réparer du matériel récupéré en déchèterie

Situé à Châtillon-sur-Chalaronne, le lycée des métiers Georges Charpak propose des formations de niveau bac professionnel et CAP en maintenance des matériels. Dans les ateliers de l’établissement, les élèves apprennent à réparer différents types d’engins, de la tondeuse à gazon du particulier aux machines agricoles sophistiquées. Pierre Poizot nous a reçu dans l’un de ces ateliers, où les lycéens redonnent vie à du matériel pour les espaces verts récupéré à la déchèterie de Châtillon-sur-Chalaronne. Une activité valorisante qui fait du lycée un acteur de l’économie circulaire.

 

D’où vient le matériel que vos élèves remettent en état dans le cadre de leur formation ?

 

Pierre Poizot : Notre atelier se remplit au fur et à mesure de nos acquisitions. Nous disposons par exemple de financements de la région Auvergne-Rhône-Alpes pour acheter des engins. Par ailleurs, certaines entreprises préfèrent donner du matériel au lycée pour s’exonérer de la taxe d’apprentissage. Enfin, nous récupérons directement des objets à la déchèterie de Châtillon-sur-Chalaronne, depuis le mois de septembre 2018, suite à la signature d’une convention avec la communauté de communes de la Dombes.

 

Comment vous est venue cette idée ?

 

Pierre Poizot : C’est le professeur de français du lycée qui est à l’origine du projet ! Un jour, il a récupéré une moto et l’a apportée à l’atelier pour qu’on la répare. On s’est alors demandé : pourquoi ne pas faire pareil avec les tondeuses que les gens déposent à la déchèterie ? L’avantage est double : cela permet de faire pratiquer les lycéens sur un grand nombre de modèles d’engins différents tout en prenant en compte l’enjeu de développement durable. On a alors passé une convention avec la communauté de communes, qui nous met gratuitement à disposition du matériel collecté en déchèterie.

 

Atelier Charpak light
M. Poizot avec ses élèves dans l'un des ateliers du lycée Charpak. Photo : Organom

 

  1. Que devient le matériel une fois réparé ?

  2.  

Pierre Poizot : Le matériel remis en état est revendu, principalement aux élèves ou à leurs parents ainsi qu’au personnel du lycée, et l’argent est reversé à la Maison des lycéens, ce qui permet de financer des projets pour les élèves (actions éducatives ou humanitaires). Cela fonctionne grâce au bouche-à-oreille, nous n’avons pas vocation à devenir un lieu de vente qui concurrencerait les acteurs privés.

 

Pour la communauté de communes de la Dombes, engagée dans une démarche d’économie circulaire aux côtés d’Organom, ce partenariat représente aussi une belle opportunité. Alexandra Richard, responsable du service environnement, nous explique.

 

Comment procèdent les gardiens de la déchèterie ?

 

Alexandra Richard : Tout d’abord, les agents de la déchèterie de Châtillon-sur-Chalaronne ont été informés et s’impliquent dans cette démarche. Ils sont prévenus des besoins du lycée (des tondeuses par exemple) et mettent les objets demandés de côté lorsqu’ils sont déposés à la déchèterie. Une personne du lycée vient ensuite récupérer le matériel pour l’apporter dans l’atelier.

 

Quel est l’intérêt pour la collectivité ?

 

Alexandra Richard : Ce partenariat avec le lycée permet de valoriser davantage de déchets. Le lycée joue le rôle d’une ressourcerie en remettant en état ces objets que nous collectons et en leur donnant une seconde vie. Il est d’ailleurs prévu dans la convention qu’il nous adresse un bilan trimestriel avec les quantités et typologie des objets collectés ainsi que leur devenir. De plus, cette valorisation se fait en local puisque le lycée se situe à moins de 3 kilomètres de la déchèterie. Enfin, cela permet de sensibiliser un jeune public aux problématiques environnementales.

 

 

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